• Congrès de l’Association Nationale des Naturopathes (ANN)

     Extrait de la conférence 20 octobre 2017

    La motivation, je connais…

    ….Et j’ai réfléchi comment exprimer la motivation, lui donner en mots,  un habit portant ma couleur, définissant selon ma vision, son origine et son potentiel; chercher la meilleure façon de l’imager, lui donner une forme puisque c’est de l’énergie canalisée qui permet à la pensée de se concrétiser dans la matière. La motivation c’est la voix silencieuse en soi, c’est le moteur de l’action, l’essence de la réalisation. C’est l’explication logique, la raison, la valeur que l’on attribue à un choix, se motiver c’est justifier une décision, clarifier une situation et prendre position d’une manière positive pour réaliser ou mettre un terme à un projet.

    Trouver en Soi, l’énergie pour accomplir un travail demande en effet de prendre position et de « choisir » de le faire, c’est l’accès au plaisir de faire quelque chose parce que ça rend heureuse et d’en reconnaître sa capacité procure le plaisir !  Ce qui est accompli par pur plaisir, dans la joie en participant au jeu de la Vie elle-même,  renvoie à la gratitude envers Soi et nourrit en boucle cette source d’énergie en un mouvement tout comme la marée !

    En préparant cette conférence, je me suis amusée, à jouer avec les sons, avec la phonétique, le mot et le verbe… et si l’on décortique motivation, déjà à l’intérieur du mot motivation, elle porte sa signification profonde, elle prend tout son sens :

    Le mot motivation contient « mot » de son origine latine « muttum » qui signifie « grognement »,  loin d’être un son sans forme,  le mot est un élément de la langue constitué de sons, un ensemble phonétique, un processus de la communication humaine, le mot c’est justement sortir du mutisme pour s’exprimer.  C’est le mot qui donne de la valeur, un sens, qui constitue dans sa succession une phrase,  qui donne la couleur, l’orientation ou la vibration d’un sentiment, d’une émotion… c’est son expression, sa manifestation.

    Si nous allons un peu plus loin en ajoutant le phonème iv « motiv » on pourrait s’amuser un peu et lui ajouter devant loco… ou simplement un e pour un nouveau mot motive qui devient un verbe conjugué au présent mais tout court, motiv est souvent associé à leit; il est souvent dit d’une personne qu’il est un modèle à qui l’on réfère, ou d’un sentiment que l’on nomme thème conducteur qu’il  est son «  Leitmotiv »… et qui donne un élan d’agir et le traduire « let’s go » pour encourager comme il résonne souvent au Centre Bell  pour les joueurs du Canadien !

    Et regardant la fin du mot motivation, on y retrouve le suffixe « ation » suffixe qui marque l’action, qui permet au verbe d’être en mouvement, c’est le verbe qui devient le mot, qui passe à l’action : motiver-motivation; accélérer-accélération, activer-activation, programmer-programmation, réanimer-réanimation… C’est l’animation, c’est l’influence de l’être qui agit.

    Motiver :   le verbe,  « verbe », d’origine du mot latin « verbum» qui signifie parole, expression de la pensée par les mots.  Le verbe exprime l’état du sujet, une action réalisée, une action sur lui-même ou subie (passive) par le sujet.

    Motiver dans sa définition c’est fournir des motifs pour justifier un acte (motiver une visite, un refus), un motif est une raison d’ordre intellectuel qui pousse à faire quelque chose : justifier, expliquer, un geste, un comportement.

    Le verbe motiver « er » est à l’infinitif présent, la forme du verbe qui ne porte pas de marque de personne, de nombre et de temps, on le reconnaît à sa terminaison.  C’est en fait, une ouverture à l’infini dans le moment présent, une possibilité de se mettre en mouvement, d’encourager une foule et de vivre cet instant !

    • Avoir : avoir de la motivation

    • Être : être motivé

    Pour mieux la qualifier, on dirait que l’action est motivée par une source intérieure «  être motivé » ou par une source extérieure «avoir de la motivation».    La motivation quant à elle, se distingue de l’action, la précédant comme le déploiement d’une énergie qui donne un potentiel à un désir, à un besoin, à une émotion.

    Dans ma recherche, par un heureux hasard, j’ai lu un aphorisme de l’œuvre fragmentaire qui  a retenu mon attention, l’être humain est ingénieux, il établit tout un système pour se motiver à passer à l’action :

    « Rien n’est plus insondable que le système de motivations derrière nos actions. ». Georg Christoph Lichtenberg, (1742-1799),  philosophe écrivain et physicien allemand, né en 1742, il est le 17e enfant d’un pasteur.  Une chute à l’âge de 8 ans entraîne une déformation de se colonne vertébrale, passionné par l’étude, il obtient une bourse en 1763 et malgré son infirmité, il connaît du succès auprès des femmes et devient père de plusieurs enfants.  Dans le cadre de ses activités scientifiques sur le calcul des probabilités et l’électricité, il introduit en Allemagne l’usage du paratonnerre inventé par Benjamin Franklin en 1752, il participe avec Goethe à la théorie des couleurs et devient membre de la Royal Society en 1793.  Il passe à la postérité pour son œuvre de 8100 pensées dans une œuvre fragmentaire désignée sous le terme d’aphorismes et plusieurs écrivains se sont inspirés de son œuvre.

    Ils ont dit de Lichtenberg :

    Johann Wolfgang Von Goethe, écrivain allemand 1749     « Les écrits de Lichtenberg peuvent nous servir comme de la plus merveilleuse lanterne magique : là où il rit, c’est qu’un problème se cache. »

    Karl Kraus, écrivain autrichien 1874-1936 « Lichtenberg creuse plus profondément que tout autre, mais ne remonte pas à la surface. Il parle sous terre. Seul l’entend qui soi-même creuse profondément. »

    Histoire du concept de la motivation

    La notion de motivation existe déjà au temps de Platon dans la division tripartite de l’âme, dans les besoins physiques (épithumia), l’élément du centre (thumos) au service de la raison (noos).  En utilisant le vocabulaire psychologique moderne, on peut dire que l’émotion est la charnière entre le désir et la raison.

    Le point de vue général de la philosophie antique (eudémonisme) considère que la recherche du bonheur est l’exigence impérative à la base de la motivation.  Au Moyen-âge, le type d’organisation est en relation avec le métier, par exemple, l’artisan menait son œuvre du début à la fin et à son rythme (motivation intrinsèque, donc intérieure, en Soi).

    Au début du XXe siècle, Le Taylorisme (basé sur le rendement et la motivation sur le salaire) aussi appelé organisation scientifique du travail (OST)  porte le nom de l’ingénieur américain Frederick Winslow Taylor (1856-1915) est l’une des composantes du travail à la chaîne mis en place dans l’industrie automobile par Henry Ford (fordisme).

    Les conséquences sévissent encore dans nos entreprises bien que l’on sache aujourd’hui que le salaire n’est pas un facteur de motivation mais un facteur de satisfaction et que le travail à la chaîne (l’esclave) implique une exécution passive sans implication personnelle, on est bien loin de l’artisan.

    En 1943, la théorie de la hiérarchie des besoins d’Abraham Maslow hiérarchise les besoins et dit que plus on monte de niveau dans la pyramide plus la motivation est importante et que ces besoins ont une structure multidimensionnelle ainsi le niveau de satisfaction des besoins n’est pas le même et se fait selon une suite logique.

    Plusieurs théories ont vu le jour et mené à des études parfois critiquées parfois adoptées, cependant, il existe trois facteurs qui retiennent l’attention : les besoins d’existence, de sociabilité et de croissance.

    1. Existence qui se traduit deux catégories de base de la pyramide de Maslow sécurité et besoins physiologiques, influencé par la rémunération et les conditions de travail;

    2. Sociabilitéqui se traduit par un besoin d’amour et d’appartenance, d’un besoin d’interaction et de reconnaissance au sein d’un groupe;

    3. Croissance qui se traduit par un besoin de s’épanouir, de faire preuve d’ambition pour accomplir de nouvelles choses et grandir en tant qu’individu en réalisant ses objectifs.

    Pour retrouver votre motivation, voici quelques trucs à mettre en pratique :

    1. Écrire ce que vous désirez, fixer un échéancier et le but à atteindre

    2. Faire ce que vous aimez vous nourrira d’énergie positive

    3. Apprendre à dire «non», c’est se respecter

    4. S’entourer de beauté et adopter une attitude positive

    5. Retrouver l’estime de soi, éviter de se comparer

    6. Éviter de remettre à demain vos projets

    7. Bouger, être en mouvement et faire de l’exercice

    8. Aménager votre maison, votre espace de travail de couleurs qui vous stimulent

    Les bonnes intentions et la motivation sont loin d’être suffisantes pour atteindre vos objectifs. Que vous souhaitiez changer d’emploi, acquérir de nouvelles compétences ou développer une expertise, vous devrez apprendre à transformer votre motivation en détermination. Comment y arriver ? :   S’engager, la motivation est un aspect important de tout processus de changement, mais elle ne remplace pas la volonté; il est indispensable de faire le choix et vouloir passer à l’action.

    La motivation vient dans l’action, pour s’engager, il est nécessaire de donner sa parole… et de la tenir. Nous sous-estimons souvent l’impact psychologique de ne pas tenir ses engagements comportement qui nous fait perdre confiance, estime et respect de soi.

    écrit par: Lise Dalpé 

     

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